KikouBlog de Olivier91 - Récits de courses
Olivier91

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Dans la catégorie Récits de courses

Premiers partenaires

Par Olivier91 - 16-06-2008 06:53:55 - 4 commentaires

Avant-hier, j'ai reçu la première contribution d'un sponsor pour notre traversée.

Fenioux, spécialiste de la diététique de l'effort, nous aide en nous fournissant des produits énergétiques variés (boisson de l'effort, de récupération, gels, barres). Le colis est copieux et trône dans mon salon. Cette presence concrétise le fait que la date approche.

Nous sommes en attente d'une contribution du même type. En outre, le Lions club et ma mairie vont faire quelque chose mais je ne sais pas encore exactement quoi. toujours est-il qu'ils sont intéressés que je vienne raconter notre histoire lors de conférence à tenir à la rentrée.

Last but not least, Salomon va nous aider. Ils nous ajoutent à un programme de sponsoring déjà établi, ce qui les contraint à ne nous équiper qu'avec les produits en stock. J'espère qu'il y en aura assez pour nous!

Bref, pour l'instant nous avons eu essentiellement des réponses positives aux demandes de partenariat. Notre projet plaît et c'est une sensation vachement sympa et nouvelle pour moi.

Du point de vue physique, l'entraînement suit son cours. Plus de pépins, plus de bobos. Encore une semaine de charge puis un peu de récup avant l'Ultrail du Verdon qui sera un vrai test de mon niveau de préparation.

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Un petit point

Par Olivier91 - 11-03-2008 00:12:22 - 1 commentaire

Les choses avancent tout doucement:

- un premier article est paru dans le magazine Ultrafondus, écrit par Manu, il est tip top: abonnez-vous Boudiou!

- le dossier de sponsoring est à l'étude

- le 29 une bouffe chez moi pour faire se connaître mieux nos assistants

- l'entraînement a repris pour moi: plus de pb au mollet, les premiers dénivelés de l'année. Le chemin est encore long pour être physiquement prêt, mais au moins je ne suis plus à l'arrêt.

 Bref la tension monte petit à petit, mai snous avons encore du temps, ne faisons pas la course avant le jour J!

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Les choses progressent!

Par Olivier91 - 02-02-2008 22:42:32 - 5 commentaires

Bon, allez, çà avance notre affaire.

J'ai amélioré notre parcours: plus joli, plus court. Il passe à 660 km et 46000m de D+. On évite une grande partie de la plaine sous Font-Romeu en prenant plus au nord par le Carlit et le lac des Bouillousses, coin connu par les amateurs du Trail Blanch'.

J'ai encore un raccourci en réserve sur le final, avec une arrivée plus directe sur Le Perthus (8 km  et 800 m de D+ en moins), mais cela nous fait louper le Canigou, ce qui me paraît dommage. Option à garder en tête au cas où, mais nous partirons plutôt dans l'idée initiale de relier les sommets mythologiques des Pyrénées françaises: La Rhune, le Pic du Midi d'Ossau, le Vignemale et le Canigou.

Reste à analyser (boulot confié à Steph) une éventuelle variante par l'Espagne entre St Lary et Font Romeu; pour ce qui est du côté français, on doit être arrivé pas loin de l'optimum.

J'ai listé les croisements entre notre parcours et les routes (pour l'assistance). Il y a deux secteurs problématiques: le parc National des Pyrénées et la fin de l'Ariège début des Pyrénées Orientales avec deux parties très longues sans accès routier aisé. Ce premier point un peu précis nous a bien montré que l'organisation de l'assistance était un point absolument crucial et sans doute plus complexe que l'organisation de notre course elle-même. D'ici quelques semaines, nous ferons une petite bouffe à la maison pour que les futurs assistants se connaissent mieux et commencent à réfléchir à leur propre organisation.

Nous envisageons sérieusement de cherche run quatrième pour permettre des options plus nombreuses dans la gestion de notre course. Mais la bête rare doit être d'un niveau suffisant, connue correctement par l'un d'entre nous et branchée sur les mêmes objectifs.

En effet, nous devons être très clairs avant le départ sur la philosophie de notre périple. Des distorsions entre nous sur ce sujet fondamental aurait les pires effets sur notre capacité à réussir. Nous serons en groupe, mais l'objectif est que ceux qu ile peuvent fassent la traversée complète en 8 à 10 jours. Il faudra donc qu'on se cale bien sur l'attitude à avoir vis à vis des éventuelles défaillances, par exemple. A ce titre, il faut être clair: ce n'est pas une sortie longue en OFF, c'est une COURSE OFF, avec un véritable objectif de performance (je n'ose pas parler de record, car celà n'a pas vraiment de sens en la matière, mais ....)

J'essaie de prendre contact avec un gars qui pourrait nous proposer des balises satellite légères qui permettraient un suivi en temps réel sur Internet. Cette idée nous plaît beaucoup, car nous souhaitons faire partager notre aventure au maximum. Pour cela, nous avons prévu une série d'articles dans Ultrafondus (abonnez-vous, boudiou!!) à compter du numéro prochain. Jusqu'en juillet il sera question de notre préparation, la présentation du défi, des Pyrénées. Pour le numéro de rentrée, il y aura un dossier spécial pour raconter la course. Alice est ravie d'être chargée en particulier de récolter un max d'images pour témoigner.

Bref tout cela est de plus en plus enthousiasmant.

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Le parcours

Par Olivier91 - 10-01-2008 18:33:16 - 3 commentaires

Pour donner une idée du parcours envisagé, voici un détail de celui-ci.

Nous quittons la HRP entre Gavarnie et St Lary (Héas) après plus de 300 km.

Entre St Lary et L’Hospitalet, nous sommes sur un parcours à forte base de GR10 plus certains raccourcis nécessitant quelques petites portions de route (plutôt chemin pour la plupart). Cette partie du parcours est un peu plus longue et comporte plus de dénivelé que la HRP qui reste beaucoup en altitude, mais a le triple avantage d’être beaucoup plus roulante, plus  praticable en cas de mauvais temps et plus proche d’infrastructures d’hébergement et de ravitaillement.

Entre L’Hospitalet et Banyuls, le parcours devient un panaché du GR10 et de la HRP qui de toutes façons se confondent à la fin. Un petit peu de route au sud de Font Romeu, incontournable pour limiter la distance. Ce n’est pas le type de course que je préfère, mais l’objectif de passer entre 8 et 10 jours justifie ce petit sacrifice. A vue de nez, les portions de bitume n’excèdent pas 30 km (je vérifierai sous peu).

A mon sens, ce périple ne peut plus être optimisé que par une variante espagnole, plus naturelle pour couper au plus court dans la courbe centrale de la chaîne. Faute de cartes suffisamment précises, cette variante n’a pas encore été étudiée.

NB : le cumul de D+ peut être corrigé d’une tendance de Memory map à surestimer celui-ci (altitudes des points pas toujours en cohérence avec les lignes de niveau, donc multiplication des petites ruptures de pente de 10/15 m non présentes sur le terrain. J’estime donc le dénivelé réel de ce parcours à environ 47000m.

 
 DistanceCumulD+Cumul
Hendaye - Col de Lizuniaga21,6321,6313041304
Col de Lizuniaga - Elizondo2748,638002104
Elizondo - Les Aldudes1361,639003004
Les Aldudes - Col d'Orgambide2182,6315004504
Col d'Orgambide - Col Bagargui19,9102,5315566060
Col Bagargui - au-dessus d'Ardanne17,9120,4314567516
au-dessus d'Ardanne - Col Pescamou16,4136,838008316
Col Pescamou - Borde d'Audap15,08151,914688784
Borde d'Audap - Refuge de Pombie 33,8185,71373312517
Refuge de Pombie – Gavarnie56,35242,06474217258
Gavarnie - St Lary 44286,06307520333
St Lary - Bagnères de Luchon30,8316,86220022533
Bagnères – Fos24,3341,16205024583
Fos - Cabane de Pla l'Alau40,9382,06437028953
Cabane de Pla Lalau – Aulus50,3432,36443133384
Aulus l'Hospitalet76,6508,96642039804
L'hospitalet - Arles via Nuria102610,96421644020
Arles-sur-Tech - Banyuls65,5676,46525049270

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UTMB 2007 d'Alice: de l'autre côté du miroir

Par Olivier91 - 06-09-2007 19:50:33 - 7 commentaires

Je pensais initialement ne pas réécrire cette année de compte rendu de l’UTMB vu « de l’extérieur », des yeux d’une accompagnatrice, de peur d’écrire à peu près la même chose que l’année dernière … Et puis finalement, l’envie d’immortaliser ce bon moment passé à tourner nous aussi autour du Mt Blanc m’est venue, stimulée que j’ai été par la lecture d’un autre compte rendu d’accompagnatrice, et parce que bien que cette édition ait ressemblé pour nous à celle de l’année dernière, il y a eu quelques faits marquants, propres à cette année. 

PROLOGUE 

Bien avant la course déjà, les 21 et 22 juillet exactement, le OFF du Mont Joly organisé par Olivier m’a permis de rencontrer et d’apprécier des coureurs se préparant à « l’ultra trail ». Pas l’UTMB ou l’ultra trail du Mt Blanc mais bien le seul et unique ultratrail, comme disent tous les hauts savoyards. Il n’y a qu’un seul ultra trail pour eux, c’est celui du Tour du Mt Blanc ! Bref, rencontre avec une joyeuse équipée de gens sympas et simples (pas benêts, j’entends, mais simplement pas tordus ! !), dont Stéphane (Ultrasteph), Eric (Coureur Solitaire), Patrick  (Patrak), Emmanuel (Rapace), Francis et Lydia, Cyril (Cyr), Fabrice (Jongieulan),… sans parler de ceux que je connaissais déjà, Sandrine(74) et Emmanuel (Le Sanglier), Olivier (74), Valéry (Val) et de ceux qui avaient été attirés par le programme même s’il ne préparaient pas l’UTMB. En partageant avec eux une trentaine de km du coté de Servoz et du Dérochoir, et les repas qu’ils ont pris chez nous, j’ai apprécié leur bonne humeur, les blagues qui fusaient, les rires, même si, épuisée bien que n’ayant fait qu’un quart de leur programme, je me suis assoupie avant tout le monde alors que l’ambiance était encore au top !

Peu de temps avant la course cette fois, le 22 août exactement, nous accueillions dans notre chalet de Saint Nicolas de Véroce, cette fois pour la course elle même, un autre groupe de joyeux drilles, tout aussi sympathiques : certains que je rencontrais pour la première fois, Stéphane (Runstéphane), Jérôme (Jérôme.l), Michel (l’électron), d’autres que j’avais croisés sur des trails Parisien : Christophe (Kourpavix), ou Savoyard : Sébastien (Zeb), ainsi que sa femme Géraldine. 

24 AOUT 2007

Le 24 aout 2007, 15 heures, branle bas de combat, Olivier et les autres coureurs bagués quittent Saint Nicolas pour se rendre au départ à Chamonix. Je ne peux pas les accompagner dès à présent parce que je me suis proposée comme bénévole à Saint Gervais. Je dois aller au « briefing » à 17 heures, à l’office du tourisme. Cela va être serré, je tiens en effet à être présente au départ à 18h30 à Chamonix pour avoir plein de frissons partout en entendant la musique de Vangélis, et en voyant s’éloigner tous ces courageux qui se lancent dans cette grande aventure !  Il nous reste peu de temps pour organiser la voiture : couvertures, ponchos, glacière pleine de sandwichs s’entassent dans le coffre. Nous enlevons des sièges de la voiture pour avoir plus de place pour dormir. Nous confectionnons une pancarte pour qu’Olivier nous repère de loin (s’il en est besoin : nous savons qu’il va reconnaître de loin le son de nos clarines, qui est renforcé cette année par une nouvelle plus grosse cloche. J’ai décidé que j’achèterai autant de cloches que de participations d’Olivier à l’UTMB !). Cette pancarte est une oeuvre collective. L’idée du texte est de Marion : « Vamos Papa » Cela la change peu des sempiternels « Vamos Rafa » (Rafael Nadal) qu’elle lance habituellement, étant une fan du joueur de tennis. Elle dessine au crayon sur le carton donné par Gilles notre épicier préféré. Maëlle colore à la peinture rouge. Fabien rajoute des cœurs et « TGVV » (le sigle de notre groupe d’amis coureurs de Villebon : le Top Gang des Véloces Villebonnais). Florent et moi collons le carton sur un morceau de bois, avec la colle et le scotch de Gilles. 

Et c’est parti pour St Gervais par le chemin des bouquetins. Plein d’essence pour ne pas être prise de court à un moment inopportun et ne pas risquer de louper Olivier. Je me gare dans St Gervais qui se prépare à recevoir les coureurs. Je cours à l’office du tourisme, je fais la queue en trépignant (j’ai peur d’être en retard à Cham ! !) pour récupérer mon beau T-shirt de bénévole que j’ai déjà repéré au retrait des dossards hier. Mon rôle m’est expliqué. Chouette, je serai bien placée , devant l’office du tourisme ! Je suis affectée à la circulation des coureurs. Repas des bénévoles prévu à 10h30 … Mince je ne savais pas … Je ne pourrai pas y participer, avec les enfants, les Contas et notre dame de la gorge où j’aimerais aller aussi pour leur ambiance…Tant pis, il faut faire un difficile choix. Je me présente au « chef » des bénévoles qui me dit qu’il y aura une réunion avec tous les bénévoles dans ½ heure. Comment, mais je veux être au départ ! Quel départ ? me répond le bonhomme. Ben celui de l’UTMB ! ! ! Mais c’est fini le départ ! ! Qu’il me répond ! ! Ha ca non, j’y vais de ce pas, non mais alors ! Cela ne pose finalement aucun problème, mon rôle est très simple et très vite expliqué. Ils passeront là dans ce sens, iront au ravitaillement, repasserons là dans l’autre sens. OK ! A tout à l’heure, 20h00 ! Je rejoins ma voiture en courant, et c’est parti pour Chamonix. Ca roule bien, je trouve une place dans une voie privée, sous une grosse sucette géante rouge avec un trait blanc au milieu. Tant pis, y’a urgence ! ! Nous rejoignons le centre ville rapidement, puis nous nous frayons difficilement un passage jusqu’à la place du triangle de l’amitié. Il faut contourner tout un pâté de maisons pour réussir à atteindre Olivier, qui n’est pas loin de l’église sous un drapeau Garmin. Ouf, heureusement que je connais ! Olivier est avec Zeb, nous retrouvons Emmanuel et Run Stéphane, puis Ultrasteph.                

Photos, bisous, l’hélico, la musique et.... Pas autant de frissons que l’année dernière, ni surtout qu’en 2005… Ben mince, on s’habitue… Cela deviendrait presque normal d’être là, presque la routine …Il faut dire qu’à force de rencontrer des gens qui font cette course, on finit par relativiser… S’ils sont si nombreux à s’inscrire, et à boucler, c’est que c’est faisable ! C’est dingue, cela paraîtrait presque banal de courir 163 km et de s’avaler 8900 m de dénivelé ! ! Non, il faut redescendre sur terre. Ces coureurs dont mon mari qui ont presque l’air normal quand on les côtoie, sont quand même bien des extras terrestres !

C’est parti. Nous avons quitté les rangs des coureurs bien malgré moi. Florent et Fabien étaient inquiets de ne plus voir aucune personne en « tenue civile » autour de nous, ils voulaient que nous allions rejoindre les autres spectateurs. Il est vrai que nous étions cernés de grands gars en tenues multicolores, coiffés de bandanas, les bâtons sur le sac à dos. C’est parti, et nous nous amusons en allant rejoindre notre voiture coté Chamonix Sud, à suivre les tous derniers coureurs.

Nous ne tardons pas après avoir quitté et photographié les derniers coureurs. Il faut maintenant être à l’heure à St Gervais. Cela bouchonne à la sortie de Chamonix. En arrivant au Fayet je décide de prendre le raccourci du Fayet du milieu et des Amerands. Il doit y avoir foule à vouloir atteindre St Gervais par la route principale. Nous nous garons à la patinoire, et nous dépêchons d’atteindre mon poste.

Ma mission consiste pour l’instant essentiellement à empêcher les spectateurs de se diriger vers le ravitaillement, puis beaucoup me demandent où les coureurs vont passer, où ils pourront les atteindre pour leur donner une boisson ou un vêtement promis. Je rencontre Frédéric Penz qui tient le magasin de location de matériel de ski de Saint Nicolas, chez qui nous passons à chacun de nos nombreux séjours, ainsi que sa femme. Nous échangeons quelques mots. Le "speaker" qui tient le micro et dont la voix est diffusée dans tout St Gervais au moyen de hauts parleurs, voit Maëlle tenant sa pancarte "Vamos Papa". Il vient l'interviewer, et tout St Gervais apprend que Maëlle vient encourager Olivier Tribondeau, que TGVV est le nom de notre groupe de coureurs. Florent ajoute très fier qu'il était 270ème l'année dernière !!

Premier SMS du suivi SMS : 24/08 20:33 : Dossard 270 (Olivier Tribondeau) arrivé à La Charme (km 14) Venant de : TNF UTMB 07

Puis les premiers coureurs arrivent ! ! Et là, c’est le tour de France, comme ils le décriront eux même plus tard ! ! Des tonnerres d’applaudissements, d’encouragements. Les enfants Schwebig avec Claire et les miens encouragent les coureurs nominativement en lisant leur nom sur leur dossard, alors qu’ils remontent du ravitaillement. Ils sonnent des cloches à s’en faire mal aux mains. Je repère Christophe Gotti, en tête de course, que j’encourage. Il est étonné d’entendre son prénom et n’a pas l’air de comprendre d’où venait ma voix. Dommage. Christophe était l’accompagnateur de moyenne montagne qui encadrait mon groupe d’alpinisme (neige et glace) puis escalade en montagne, avec un guide, au centre UCPA d’Argentière il y a 20 ans ! Nous nous sommes retrouvés et reconnus lors du Tour des Glaciers de la Vanoise alors qu’il était sur le podium au moment du briefing, en tant que garde du parc de la Vanoise. Il courait lui aussi, et quelle n’a pas été ma surprise de le voir arriver 3eme du TGV ! ! A ce moment de l’UTMB, il promet d’être encore bien placé mais j’apprendrai plus tard qu’il s‘est arrêté aux Contamines. Je vois Val, trop tard pour me manifester à lui. Il me semble voir Eric, pas sûre. Il commence à faire nuit, les coureurs ont allumé leurs frontales, leur visage est dans l’ombre, et je surveille toujours les spectateurs qui  s’avancent toujours plus et empiètent sur la place laissée aux coureurs, spectateurs qui veulent sans cesse traverser n’importe où, n’importe quand, qui sèment la pagaille, quoi ! ! Tous disent : « il arrive, je n’en ai pas pour longtemps ! ! » Je vois tout de même dans ce tohu bohu Jérôme qui me montre, l’air inquiet pour la suite de sa course, son camel back privé de la pipette qu’il a perdue… Passe Stéphane (UltraS), puis un bonhomme arrive en levant les bras et en faisant des coucous… Quant il est à 2 mètres de moi je réalise enfin que c’est Olivier ! ! ! ! Qui lui m’a reconnue de loin ! ! Et qui se demande quand je vais enfin réaliser que c’est lui ! ! Ben oui, je suis myope et très gênée par les contrastes… Olivier passe au ravitaillement, remonte les escaliers. Photos, bisous, comme d’hab, quoi, (cf mon récit de l’année dernière sur tgvv.over-blog.fr, je savais qu’il y aurait des répétitions …), mais cette fois ci je ne peux pas enchainer avec les étapes suivantes, je garde mon poste de bénévole jusqu’au bout !

24/08 21:12 : Dossard 270 (Olivier Tribondeau) arrivé à Saint Gervais (km 20) Venant de : TNF UTMB 07. Ha oui, là, j'étais au courant !

Arrivée de Manu. Une fois leur père passé, et les enfants Schwebig partis, les enfants repartent à la voiture.  Il commence en effet à faire frais, et faim. C'est moi qui agite maintenant les cloches. Une spectatrice me dit "Hé bien dites donc, vous avez du succès avec vos cloches, ils vous remercient tous !!"Les coureurs finissent par s’espacer, puis se faire de plus en plus rares. Nous constatons déjà des abandons, des gens qui boitent, des mines dépitées.

24/08 22:49 : Dossard 270 (Olivier Tribondeau) arrivé à Les Contamines (km 30) Venant de : TNF UTMB 07

Encore une ou deux femmes au tout petit trot, puis les fermeurs avec leurs T-shirts de bénévoles qui, eux, ont l’air en pleine forme ! L’un d’eux fait un entre chat lorsqu’il déboule des escaliers devant l’office du tourisme ! Leur arrivée signe mon départ ! Il est environ 23 heures. Je vais juste jeter un coup d’œil au ravitaillement que je n’ai même pas aperçu pendant ces trois heures passées à St Gervais. Une coureuse qui s’est arrêtée me demande si je ne vais pas sur Chamonix. Si... Mais nous devons repasser par St Nicolas avant…Nous convenons que je repasserai voir si elle est encore là quand je redescendrai. Olivier m’a appelée, il me confirme qu'il est déjà reparti des Contamines, je ne pourrai donc pas profiter de l’ambiance chaleureuse du village, mais St Gervais n’avait finalement rien à envier aux Contas !

Donc cap sur St Nicolas où finalement nous mangeons les sandwichs que nous avions préparés dans l’après midi, en compagnie de Géraldine. Marion et Maëlle prennent une douche et se mettent en chemise de nuit, pendant que Florent et moi acceptons l’invitation de Gilles, qui nous propose d’aller voir sur Internet chez lui les classements des coureurs que nous connaissons. Alors que je reviens de chez Gilles, Eric m'appelle. Il est à la Balme, il a vu Olivier qui a mal aux deux aines… Probable cruralgie. Il demande des anti-inflammatoires. Je fouille partout, finis par trouver de l'Ibuprofène, pas de vrai anti inflammatoire …J'espère que cela suffira. Ces douleurs m'inquiètent, si tôt dans la course. Est-ce un signe de possible arrêt ?

Il est environ 1h30. En voiture pour le tunnel du Mont Blanc et Courmayeur. Les enfants s’endorment aussitôt. A Saint Gervais je m’assure que la coureuse qui cherchait un transport est bien partie. Il n’y a en fait plus âme qui vive, la ville est déserte. Il n’y a plus une trace du ravitaillement sur la place du marché ! !

Au tunnel, pas de queue. Il n’y a pas un chat dans le sens France Italie, par contre les voitures sont nombreuses dans le sens opposé, et à l’entrée du tunnel coté Italie il y a même une petite attente à cette heure avancée de la nuit, ce qui me conforte dans ma décision de ne pas retraverser le massif par là tout à l’heure pour atteindre la Suisse. Je passerai donc par Aoste et le col du Grand St Bernard. La traversée du tunnel me semble durer un siècle, et je suis somnolente au volant. Je roule parfois sur la ligne blanche du milieu qui heureusement présente un léger relief qui fait du bruit et vibrer le volant, ce qui me réveille ! ! Je ne peux pas m’arrêter pour essayer de dormir un peu. Il faut tenir ! ! Une fois dépassé Entrèves, je pense reconnaître mon chemin pour atteindre Dolonne et sa base vie… mais j’arrive à un rond point jamais vu. Je fais demi-tour en pensant être allée trop loin, tourne à gauche, et me trouve à nouveau embarquée pour Entrève… Je redescends vers Courmayeur, suis plus vigilante, aperçois de tous petits panneaux indiquant la base vie, qui me font revenir jusqu'au rond point, tout neuf en fait… et arriver finalement par le bas à Dolonne. Je me gare juste en face de ce qui était l'arrivée des coureurs l'année dernière. Il est environ 3 heures du matin. Je regarde les SMS reçus pendant le trajet : 25/08 02:26 : Dossard 270 (Olivier Tribondeau) reparti de Les Chapieux CCAS (km 49) Venant de : TNF UTMB 07

J'essaie de dormir un peu mais des gens discutent juste devant la voiture. Je m'assoupis enfin. Je ne sais pas trop combien de temps s'est écoulé, quand je suis réveillée en sursaut par deux chocs répétés à l'arrière de la voiture. Je sors précipitamment. Ce sont des anglais, aussi fatigués que moi, j'imagine, pour me rentrer dedans à deux reprises en sortant de leur place de parking pourtant spacieuse….Explications en anglais de nuit …Je ne vois rien, j'ai enlevé mes lentilles… "Never mind", dodo … S'il y a des dégâts, ils sont difficilement distinguables de dégâts antérieurs…Et puis un constat à c't'heure ne me branche pas particulièrement. Dans un demi-sommeil, il me semble entendre des applaudissements, ce doit être le premier qui arrive, mais pas la force de me relever pour voir …Puis d'autres passages, je somnole toujours. Un SMS d'Olivier : "Peux-tu apporter tes bâtons" "Aïe, non, trop tard, déjà à Courmayeur". Puis mon sommeil est ponctué de  :

25/08 05:14 : Dossard 270 (Olivier Tribondeau) arrivé à Col de la Seigne (km 59) Venant de : TNF UTMB 07

25/08 05:26 : Dossard 270 (Olivier Tribondeau) arrivé à Refuge Elisabetta (km 63) Venant de : TNF UTMB 07

25/08 07:20 : Dossard 270 (Olivier Tribondeau) arrivé à Col Chécrouit-Maison Vieille (km 72) Venant de : TNF UTMB 07

Nouveau SMS d'Olivier : "A Courmayeur dans 1h15 1h30". Il est 6h45. C'est bon, je peux encore dormir ….

25/08 00:15 : Dossard 270 (Olivier Tribondeau) arrivé à La Balme (km 38) Venant de : TNF UTMB 07 Envoyé 07:15:08 25/08/07 Ha… le service SMS déc…e un peu ….

Et 25/08 07:55 Dossard 270 (Olivier Tribondeau) arrivé à Courmayeur-Dolonne (km 77) Venant de : TNF UTMB 07. Quoi ? Déjà !! Debout tout le monde, nous avons raté l'arrivée de Papa !!! Nous sortons, nous apercevons que nous ne sommes pas en face des arrivées, mais des départs… Ils ont tout changé par rapport à l'année dernière. Screugneugneu, c'était bien la peine d'arriver si tôt… Nous retrouvons Olivier dehors avec son bol de pâtes, après l'avoir cherché au bar, puis dans la salle ouverte aux accompagnants (nouveauté 2007, ça c'est bien !!). Il a déjà récupéré son sac de Courmayeur, s'est déjà changé. Il a vite avalé ses pâtes, et à 8h 40 environ, il est reparti ! Nous le suivons un peu, jusqu''au pont sur la Dora Baltée. Puis demi tour et c'est parti nous aussi pour Arnuva. A la Palud, ils indiquent que le route pour Arnuva est réglementée et interdite aux voitures à partir de 9h00. Zut, il est déjà 9h20 ! Nous avançons tout de même jusqu'à La Vachey, mais là, nous devons garer la voiture et prendre un bus pour atteindre Arnuva. Nous avons de la chance, car le temps de prendre les sacs, la pancarte et les cloches, et le bus arrive. Il est bondé .

A Arnuva, nous prenons notre petit déjeuner dans un café sur une belle pelouse bien verte. Pas de croissants ni de tartines, mais un" lait au café", comme me dit le serveur, bien crémeux, et des chocolats au lait recouverts de Chantilly, qui ont une texture et un gout proches de mousses au chocolat, avec un gâteau au marron dont Marion Maelle et Florent se régalent, ainsi que des jus d'orange.

25/08 10:03 : Dossard 270 (Olivier Tribondeau) arrivé à Refuge Bertone (km 82) Venant de : TNF UTMB 07

25/08 11:23 : Dossard 270 (Olivier Tribondeau) arrivé à Refuge Bonatti (km 89) Venant de : TNF UTMB 07

Puis nous nous installons au même endroit que l'année dernière. Nous plantons la pancarte "Vamos Papa" dans l'herbe, et encourageons les coureurs en lisant leur prénom sur leur dossard, comme à St Gervais. Au milieu de pas mal d'inconnus,  "Bravo Jérôme !!" Bien Manu !!! Je pose les clarines et vais prendre des nouvelles de Manu au ravitaillement. Mon T-shirt de bénévole me permet d'approcher là où je n'aurais pas le droit d'aller normalement …Un coureur me demande de l'eau, je le sers …Manu est en forme mais il a mal aux genoux … Je trouve qu'il a quand même bien progressé!  Pendant que nous discutons, il se fait remplir sa poche à eau par deux bénévoles. Il a fini de se ravitailler, récupère son sac … trempé !! Je le vois contrarié et le sens au bord d'engueuler les deux bénévoles, les sourcils froncés, le regard noir, mais le sourire revient vite et "ce n'est pas grave, ça va vite sécher"…Je me dis qu'il va m'en vouloir de l'avoir distrait au ravitaillement…Je reprends mon poste près de notre pancarte, puis "Bravo Michel" … Michel … Rousseau ? Oui !! C'est vrai que notre compatriote de Saulx les Chartreux, prof au collège de Villebon et père d'une copine de Maëlle court lui aussi !! Re belote, je laisse tout en plan et vais prendre de ses nouvelles au ravitaillement. Photos, ça va bien, Olivier n'est pas loin. Et effectivement quelques minutes plus tard, un gaillard fait des signes. Il approche. Ah c'est Olivier !!! Qui, comme à Saint Gervais se demande quand je vais le reconnaître !! Mais il change de tenue toutes les 3 minutes ! Je m'attendais à le voir en blanc, il est en bleu, et à ce stade de la course, les joues commencent à se creuser … Cette fois ci pas de malaise, pas d'inquiétude, (il ne s'allonge pas par terre comme l'année dernière au  même endroit!!) tout va bien. Il n'a plus de douleur inguinale, vive l'Ibuprofène ! Ravitaillement, bisous, photos, et à bientôt, peut être à la Fouly, si nous allons plus vite que l'année dernière.

25/08 12:18 : Dossard 270 (Olivier Tribondeau) arrivé à Arnuva (km 94) Venant de : TNF UTMB 07

Mais le temps de reprendre le bus, de répondre enfin à tous les SMS d'encouragement et appels reçus, de prendre connaissance du classement d'Olivier grâce à Olivier PB et Anne qui suivent sa progression sur internet, le temps de me perdre un peu entre Aoste et le col du grand Saint Bernard, de demander mon chemin (sinistra secundo rotundi ou quelque chose approchant), et nous atteignons le Val Ferret Suisse alors qu'Olivier est déjà reparti de La Fouly. Nous profitons de notre passage en Suisse pour essayer d'acheter des timbres à l'effigie de Roger Federer, pour notre grande fan de tennis, mais les postes sont fermées un samedi après midi dans les petites villes que nous traversons …

Arrivée à Champex. Un bénévole nous fait signe de nous arrêter, avant de voir mon T-shirt de bénévole qui est un vrai passe droit !!! Grand sourire et allez-y ! Je n'ai rien dit, rien demandé !! Je passe devant un autre bénévole, je me dirige vers le lac, quand j'entends un grand coup de sifflet. Le bénévole m'appelle au loin, et m'indique une place de parking, tout près du ravitaillement ! Quelle chance de porter ce beau T-shirt vert ! Nous nous installons au ravitaillement des coureurs, mais Maëlle surtout réclame une terrasse pour manger. Je les amène donc face au lac sur une terrasse de café qui annonce "aux amis de l'ultra trail" des crêpes à composer soi même à toute heure de la journée. Chouette, nous nous installons et consultons le menu. L'enthousiasme baisse quand nous constatons les prix exorbitants : 17 francs suisses soit 12 euros environ la crêpe jambon, oeuf fromage …La serveuse est débordée, pas très sympa… Finalement Marion Maëlle et Fabien prennent une crêpe, nous préférons par contre Florent et moi retourner au ravitaillement, manger pour 3 euros les mêmes pâtes que les coureurs, servies par des bénévoles très gentils, très cools, très Suisses, quoi !

Nous allons nous installer à manger, quand Jérôme arrive. Je vais aux nouvelles. Il a l'air épuisé. Les joues creuses, pâle …Au moment où je me fais cette réflexion, sûrement parce que je le prends en photo, il me demande s'il n'a pas trop mauvaise mine ! Je suis bien obligée de lui avouer qu'il n'a pas l'air au mieux de sa forme !! Manu arrive, changement de chaussettes, Nok sur les pieds et les chaussettes. Puis Michel... Michel ? Cela veut dire qu'Olivier n'est pas loin, puisqu'ils se suivent de près depuis Courmayeur me dit il !! Il faut faire vite!! Nous nous dirigeons vers les arrivées, quand Florent reconnaît Stéphane, le nez sur les bras, les bras sur la table.. Ca va ? NON !! Aïe, zut, que faire, ne pas rater Olivier, mais … Stéphane n'a pas l'air non plus au mieux… besoin d'aide ? Sourire…non …. Un peu la mort dans l'âme, je décide étant donné sa réponse, de courir dehors, pour ne pas rater Olivier. Après tout, Stéphane n'est pas seul et il y a des médecins ici, c'est une base vie, et puis je n'ai pas de matériel, et je n'ai pas ma CAMU !! (capacité d'aide médicale urgente). Nous retrouvons la compagne de Stéphane 34, le cousin de Guillaume. Elle fait les trajets en navette, cela me tenterait presque, mais réflexion faite, la navette va directement de Courmayeur à Champex sans passer par Arnuva, étape que je n'aurais pas voulu louper…Nous sommes finalement mieux en voiture. Nous réveillons un peu les spectateurs avec nos cloches et nos bravos, spectateurs qui sont presque tous allongés dans l'herbe en attendant leur coureur. C'est l'heure de la sieste !

Tout comme l'année dernière, en voyant arriver des coureurs qui ne manifestent plus aucun contentement au son de nos cloches et de nos encouragements, en repensant à Jérôme et Stéphane, je suis frappée par l'aspect de la plupart des coureurs, à partir de Champex, qui sont changés, qui ont parfois l'air de souffrir, ou qui au moins ont l'air à partir de là complètement dans leur bulle, difficiles à atteindre. Le contraste me parait énorme entre la jovialité du départ, les sourires, les habits colorés à Chamonix, l'ambiance à saint Gervais, aux Contas, et les traits tirés les joues creusées, la lassitude et les habits maculés de boue à Champex. Moi qui suis pourtant une grande supporter de cette course, qui ne freine pas du tout Olivier dans ses projets d'ultras, j'ai peur de dégâts physiques irréversibles que pourraient provoquer de telles distances …Cette année il ne pleut pas, et pourtant l'ambiance sous la tente n'est pas plus bonne enfant que l'année dernière…

Je me sors de mes réflexions quand Olivier arrive. Nous sommes un peu descendus à sa rencontre et nous remontons avec lui, vers la tente du ravitaillement. Il n'a pas l'air épuisé, ni trop dans sa bulle, mais il semble avoir perdu quelques kilos…. Stéphane n'est plus là. Bien pris en charge par un médecin ? Mieux et déjà reparti ?  Je ne suis pas complètement tranquille… Les enfants sont aux petits soins avec Olivier, vont lui chercher un coca, sortent ce dont il a besoin de son sac, etc... C'est à son tour de manger des pâtes, il prend un Guronsan que je lui prépare, se change… Et se dirige vers le départ. Je récupère le sac de Champex, comme j'ai fait avec celui de Courmayeur, pour ne pas avoir à aller les chercher à l'arrivée, qui s'annonce en pleine nuit, si tout va bien. Mais cette année, je ne me pose pas trop de questions. Depuis Arnuva j'ai l'impression qu'il va finir! Et nous suivons notre coureur jusqu'au lac, fiers de l'accompagner avec notre pancarte ! Nous nous quittons en nous disant "à Trient" !

Les enfants souhaitent faire du pédalo sur le lac. Pourquoi pas ? Nous avons cette fois un peu de temps devant nous. Mais encore une fois, demi tour en voyant les prix exorbitants !! Nous nous installons donc sur un banc, Marion lit, je réponds encore à quelques coups de fils et SMS. Une passante prend notre pancarte en photo, d'autres la lisent en souriant… Je suis au bout du fil, quand je vois passer Stéphane, ragaillardi, qui repart d'un bon pas, bien entouré de sa femme et de son père !! Ouf !!

Nous reprenons la voiture, j'échange trois mots avec le bénévole qui se tient sur le carrefour près du lac. Je le reconnais, c'est le même que l'année dernière au même endroit !! Je lui redis à quel point je l'avais trouvé sympa et patient, debout au milieu de son carrefour sous la pluie, à arrêter les voitures pour laisser passer les coureurs, à renseigner les spectateurs un peu perdus sans carte du coin comme moi. Cette année les conditions météo lui favorisent la tâche par rapport à l'année dernière !

Nous achetons des fruits sur la route. Cela fait du bien après les sandwichs et les pâtes. Nous atteignons Martigny puis le col de la Forclaz, et enfin Trient sans encombre. Notre petite reconnaissance du coin avec Stéphane, Emmanuel et Eric de dimanche dernier et mon passage de l'année dernière me rendent la vie facile !

A Trient nous mangeons vite fait dans le même café que l'année dernière, puis nous faisons des allées et venues entre la route et le ravitaillement, où nous nous renseignons sur le classement d'Olivier. Il est 236 ème !!! Il doit arriver dans ½ heure !!! Il remonte le classement comme l'année dernière, mais il est déjà mieux classé qu'à l'arrivée en 2006 !!! Les enfants sont ravis, fiers, complètement excités !! Florent n'arrête pas de dire "papa est le meilleur!!" Il bondit et court en tous sens ! Nous décidons d'écrire sa progression sur notre fameuse pancarte, que tout le monde a repérée pendant notre attente. L'arrivée d'Olivier est du coup fêtée par les spectateurs qui voient enfin qui est ce papa tant attendu.

Nous courons avec lui directement au ravitaillement, sans passer cette année par les kinés et podologues. Sa pause est courte. Je crois comprendre qu'il sent l'écurie, qu'il a passé Bovine et qu'il est soulagé, qu'il veut atteindre son objectif de 32 heures. L'année dernière j'avais levé les yeux au ciel quand il avait parlé d'un objectif de 35 heures il me semble. Pour moi l'essentiel était qu'il finisse. Cette année j'y crois, à ses 32 heures !! Il refait une petite pause-debarrassage-de-caillou-dans-la-chaussure, pendant laquelle fabien lui masse les épaules !!Mais le massage est trop énergique, trop plein de d'excitation et du coup, douloureux. Il était pourtant plein de bonnes intentions !  Nous suivons encore un peu Olivier, puis lui donnons rendez vous à Vallorcine.

Vallorcine, vers 22h30. Nous nous garons…à coté de Sandrine (74) venue voir Emmanuel ! Les enfants s'endorment, malgré des enfants bruyants qui jouent autour de notre voiture. Je n'arrive qu'à somnoler une demi heure environ, quand, SMS d'Olivier : "j'arrive dans 15 minutes". Il est minuit. Je n'arrive pas à me sortir de ma torpeur.

26/08 00:14 : Dossard 270 (Olivier Tribondeau) arrivé à Vallorcine (km 147). Et zut ! Encore loupé. J'enfile le poncho qui me sert de couverture, ne prend pas le temps ni de réveiller les enfants, ni de prendre mon appareil photo…Je le rejoins sous la tente. Il veut du fromage et du pain. Comment ??.. Ha oui, j'arrive. J'ai l'impression d'être plus explosée que lui. C'est un comble …

Col des grands Montets. Je me gare, Eric est là, nous nous sommes donnés rendez vous, il veut assister aux derniers km et à l'arrivée d'Olivier. Des loupiottes avancent toujours dans la nuit. Les Drus se découpent sur un ciel clair, la lune est là, spectatrice elle aussi de ce ballet continu de petites lumières défilant dans la montagne. Le coureur attendu par les "habitants" de la voiture d'à-côté arrive quasi simultanément avec Olivier, que je n'ai pas attendu bien longtemps ! Il se ré-enfoncent tous les deux rapidement dans la nuit. Emmanuel vient de passer, je ne l'ai pas reconnu …

Argentière, je me gare sur le trottoir, pas très tranquille à l'idée de laisser les enfants seuls, endormis. Ils m'avaient demandé de les réveiller à chaque passage de leur père, mais je n'ose pas interrompre un si court sommeil… L'attente n'est encore pas bien longue. Et Michel arrive. Il a toujours l'air égal à lui-même, pas éprouvé (ou du moins pas l'air éprouvé). Il arrive même à plaisanter au ravitaillement. Je l'accompagne un peu au travers des rues d'Argentière. J'aime bien cheminer dans cette ville, point de départ de courses que j'ai beaucoup aimées, il y a 20 ans, en compagnie de Christophe Gotti, telle l'aiguille d'Argentière par le couloir en Y.

Je reviens sur mes pas et vois arriver Olivier, vite rejoint par Emmanuel, qui marche depuis un moment avec un de ses amis. Ils repartent tous les trois ensemble, décidés à franchir la ligne d'arrivée ensemble ! Nous les accompagnons Eric et moi sur quelques centaines de mètres. Rendez vous à Chamonix vers 3 heures !!

Chamonix ! Je demande à un coureur qui a fini (il a ses sacs Courmayeur et Champex) par où ils passent pour atteindre la place du triangle de l'amitié, après l'avoir félicité pour sa course et son arrivée précoce. Mince, il a en fait abandonné, est anglais et je ne comprends rien…..Heureusement, Eric qui me précède m'indique l'endroit où il vient de les voir passer. Nous nous garons en bas de la rue de la gare, et faisons quelques pas jusqu'à l'arrivée Eric et moi, pendant que je laisse encore les enfants dormir.  Les organisateurs ont soigné l'ambiance….De la fumée s'échappe de troncs posés de part et d'autre de la dernière ligne droite jusqu'à l'arche d'arrivée, et répand une bonne odeur de bois brulé tout en rendant l' atmosphère brumeuse, un peu fantasmagorique. Des coureurs arrivent ! Nous les applaudissons de bon cœur, ayant conscience de l'énorme effort qu'ils viennent de fournir et qui va enfin s'arrêter, que c'est l'aboutissement pour eux.

Nous faisons quelques allées et venues entre l'arrivée et la voiture, pour surveiller le sommeil des enfants et l'arrivée d'Olivier. Un coureur qui vient de franchir la ligne d'arrivée, repart, sa veste de finisher sur le dos, de l'allure typique boitillante de tous les finishers. Il est seul dans la nuit… Je me dis que cela ne doit pas être drôle sans comité d'accueil après une telle aventure ….L'heure tourne, Sandrine nous rejoint en bas de la rue de la gare, nous attendons ensemble les trois coureurs.

2h55 environ, Michel arrive !! Bravo, super !! Dommage, je ne peux pas l'accompagner jusqu'à l'arrivée parce que ça colle, il avait 5 minutes environ d'avance sur Olivier à Argentière, donc Olivier doit arriver sous très peu. Je cours réveiller les enfants. Fabien a du mal à émerger. Je l'aide à se rechausser, il faut que je le stimule … Ils sont dans la rue, trois coureurs dont deux en veste UFO Raidlight arrivent. Je confie l'appareil photo à Eric qui court à l'arrivée pour nous immortaliser tous ensemble sous l'arche. Nous applaudissons !!!.... et ….déception, ce n'est pas eux ….

L'attente semble maintenant interminable. Fabien a froid, est fatigué, veut se recoucher dans la voiture. Que se passe-t'il ? Sandrine appelle Manu, pas de réponse. J'appelle Olivier, pas mieux. Je rappelle. C'est le répondeur…

Après une attente d'encore environ 10 minutes, cette fois-ci, les voilà !!!! C'est bien eux cette fois!!! Vite nous nous attrapons tous la main, et nous marchons avec lui, tous ensemble, jusqu'à la dernière ligne droite, où Olivier attrape l'épaule de Manu pour franchir l'arche d'arrivée !!!   

La boucle est bouclée !! 2eme UTMB terminé. Nous sommes tous fiers, émus… et fatigués. 

EPILOGUE 

Grâce à ces nombreuses connaissances faites dans ce monde de coureurs, et grâce à mon expérience toute neuve de bénévole,  j’ai eu l’impression, encore plus que les années passées, d’être en terrain plus que familier, et chaque fois que nous nous sommes postés, mes enfants et moi, clarines et pancarte en mains pour attendre et encourager Olivier, j’ai apprécié de voir quantité de têtes connues, j’ai pu bavarder, aller aux nouvelles de nos hôtes, copains, connaissances. Je regrette cependant de ne pas avoir vu ni encouragé pendant la course les autres de nos hôtes ou copains qui sont passés avant ou après Olivier.

Grâce aussi entre autre à la présence d’Agnès et de sa mère, ainsi que de ses enfants et de Claire, venus pour accompagner Guillaume sur son CCC, et de Géraldine, qui accompagnait et encourageait Zeb, j’ai passé trois heures de bénévolat à Saint Gervais dans une ambiance agréable de fête, jusqu’au passage des derniers coureurs vers 11 heures. Grâce à Eric venu passer une semaine chez nous, le début de la deuxième nuit passée entre le col des grands Montets et Chamonix a été moins solitaire alors que ma progéniture dormait profondément dans la voiture.

Et grâce évidemment à Olivier, qui n’a rêvé que de L’Ultra trail pendant un an, nous avons pu nous amuser à aller camper dans la voiture pendant 32 heures et quelques ! ! J’ai pu vivre une vie de Bohème, comme dans le combi Wolkswagen de mes rêves, aménagé , avec des rideaux, et couvert de grosses fleurs oranges, loin de Paris, des flics bêtes qui n’ont jamais vu un bâton de marche en montagne, loin des passants qui nous engueulent quand nous faisons du vélo en famille sans casques, loin des instits ou des profs de danse qui nous engueulent parce qu’il manque un couvre cahier, ou un chouchou pour attacher les cheveux, loin des cons, loin de la vie de tous les jours, quoi …  

Stéphane, maintenant nous sommes quittes. Tu m'as sauvagement piqué ma salade pendant l'Oliv'OFF du Mont Joly, je t'ai rendu ce méfait en te laissant tomber en mauvais état à Champex. Nous pouvons repartir sur des bases saines !! (Rire, Lol, Je Je à l'espagnole) 

Reste une petite inquiétude par rapport à l'état de santé des coureurs pendant la course à partir de Champex environ, et d'après course… Quand j'ai vu arriver Jérôme, que nous avons ramené à St Nicolas, à tous petits pas,  quand je les ai entendus commencer des phrases dans la voiture, qu'ils ne pouvaient finir parce qu'ils s'endormaient en parlant, quand Jérôme essayait de faire la conversation pour que je ne m'endorme pas au volant, mais que je n'entendais rien tellement il chuchotait, je me suis demandé si tout ça était bien raisonnable.  Quand Olivier a pensé, en se couchant, qu'il y avait quelqu'un sous notre lit qui respirait bruyamment alors qu'il entendait en fait sa propre respiration, respiration certes bizarre, en deux temps, et quand il m'a raconté qu'il a dû se trainer sur les fesses jusqu'au frigidaire pour se réhydrater au petit matin, j'ai eu peur qu'il n'ait perdu, comme Runstephane sa barbichette, quelque chose sur le parcours. Quelques neurones et quelques cellules musculaires ? ….Mais je l'aime quand même comme ça, en ultra traileur finisher….

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